Le procès Petrocaribe, fondateur d’une nouvelle Ayiti

La violence aveugle qui caractérise les échanges entre les pseudos dirigeants et la société témoigne de la peur-panique de ceux-là à l’idée d’un procès en demande de reddition de compte de ceux-ci. L’inéluctable avance tortueusement, mais sûrement.


Depuis le début de l’année en cours, Port-au-Prince et ses environs connaîssent un net regain de cas de séquestrations suivies de demandes de rançons. Cette situation d’insécurité généralisée sape les fondements mêmes de l’état de droit et jette, dans la plus grande affliction, des familles entières. La peur s’installe durablement dans nos vies. Les autorités de fait ou ce qu’il en reste, n’entendent nullement arrêter la machine constitutionnelle et électorale lancée à vive allure. Qu’importe si les freins lâchent. La vie des victimes sera célébrée sur l’autel de la patrie.

L’adoption d’une nouvelle constitution et son corollaire, le référendum, doivent guider coûte que coûte la société vers la terre promise: les élections générales. Le pays doit se doter de nouveaux dirigeants à tous les postes. Les maîtres du monde en ont ainsi décidé. Leurs vassaux s’escriment à atteindre les objectifs fixés.

Les rapts, les viols, les policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions ou plutôt envoyés à la boucherie, avec la complicité de certains décideurs, la détérioration des conditions de vie ne sont pas à l’ordre du jour. La vie d’un Haïtien ne vaut rien aux yeux des pseudos dirigeants et de leurs alliés étrangers. D’ailleurs, la question se pose : qu’est-ce qu’un Haïtien? La démocratie implique l’alternance politique, selon le saint évangile de l’empire capitaliste. Le droit du peuple Haïtien à l’autodétermination, ses droits fondamentaux les plus élémentaires, n’intéressent aucunement les pseudos dirigeants et leurs suzerains d’outre-mer.

La santé, la sécurité, l’éducation ne font pas partie des priorités de ceux qui occupent, de fait, les plus hautes fonctions dans l’administration. Ils sont, plus que jamais, hantés par le spectre de la prison. En effet, la dernière décennie a vu le pays se livrer à des pratiques politiques d’un autre temps. La corruption est devenue la norme, l’incompétence une manière d’être et l’indécence le mode opératoire d’un pouvoir imperméable à toute forme de savoir.

La violence aveugle qui caractérise les échanges entre les pseudos dirigeants et la société témoigne de la peur-panique de ceux-là à l’idée d’un procès en demande de reddition de compte de ceux-ci. L’inéluctable avance tortueusement, mais sûrement.

Pour finir, Port-au-Prince et ses environs ont beau être un cimetière à ciel ouvert, l’arbre de la mobilisation citoyenne refleurira. Les chefs de guerre, pauvres ignorants -portés sur les devants de la scène, malgré eux, par une certaine presse en quête de sensationnalisme, prostituée, se vendant au plus offrant- pour la plupart, finiront sur des tas d’immondices. Quant aux citoyens, désabusés et désespérés, vendant leur droit de vote pour la modique somme de mille gourdes, nous croyons qu’ils valent mieux que cela. Les bien-pensants affirmant haut et fort que la politique n’est pas l’affaire des honnêtes gens, leur refus de voter a conduit le pays vers l’abîme. Comme dirait Victor Hugo, il y’a du bien dans le mal. Nous pouvons, une bonne fois, éradiquer ce mal endémique. Le temps d’élire des incapables au pouvoir est révolu.

La nouvelle Ayiti est en gestation. Le chantier débute bientôt par la mise en accusation des prévaricateurs, de leurs acolytes et surtout de leurs hommes de mains tuant, enlevant, violant et semant le deuil dans nos foyers. La marche inexorable du peuple Haïtien vers la véritable démocratie, le développement humain, la stabilité politico-sociale passe par la fin de l’impunité. La justice doit laver nos rues obstruées par les corps de nos filles assassinées, après avoir été violées encore et encore par une meute de brutes opérant à visières levées et par ceux de nos fils lâchement abattus. Messieurs et dames, les hommes au pouvoir passent, se surpassent et trépassent. L’état demeure. Il faut bien plus que de simples d’esprit, armés jusqu’aux dents, pour tuer l’âme de ce pays. Nous sommes Haïti, terre de liberté, terre du panaméricanisme.

Opinion
 2021-04-29 |

Franck S. Vanéus

Avocat et Philosophe...

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