Franck S Vanéus: La poésie est partout

Franck S. Vanéus est auteur de trois ouvrages: Passagers du paradis (Nouvelle), Boulevard des coeurs désunis (Poésie), Dialogues infinis (Poésie).

Kafounews: Vous êtes poète, vous avez déjà deux recueils de poésie à votre actif. Pour vous monsieur Vanéus, qu'est-ce que la poésie ?

Franck S. Vanéus: Les définitions ont le grand mérite, sous couvert de certitudes ou de préjugés, de fermer la porte à tout ce qui n’entre pas dans le schème de pensée des tenants, des chefs de file de telle école. Honnêtement, je ne sais pas avec exactitude ce que c’est que la poésie. Néanmoins, je sais que la poésie ouvre l’âme. En s’épanchant, le poète dessille les yeux de ses lecteurs, dévoilant la réalité, telle une bougie éclairant les sombres recoins de nos existences. Je ne suis toujours pas convaincu de posséder les qualités rarissimes d'un poète. J’espère un jour y parvenir.

KF: Aujourd'hui encore, malgré tous les efforts consentis par l'homme, il y a des gens à travers le monde qui meurent de faim et d'autres qui sont victimes de toutes sortes de mal. Que peut alors la poésie face à tous les maux que vivent les gens de notre société ?

FSV: Un poète est avant tout un écrivain. Le premier souci de l’écrivain est de saisir le réel dans toutes ses dimensions. Il s’efforce de ne rien laisser échapper à son regard pénétrant. En ce sens, il porte la misère du monde avec le même courage que le Christ sa croix. Il dénonce, il gueule, il vend du rêve sans jamais cesser de croire en un monde meilleur pour tous. Il n’a que les mots. Il sait que la magie opère, les mots peuvent changer le monde.

KF: Dans le roman de Mohamed Mbougar Sarr "La plus secrète mémoire des hommes", l'auteur suppose que tout écrivain attend une finalité pour son œuvre. Qu'espérez-vous de Dialogues Infinis, monsieur Vanéus ?

FSV: On espère tous en écrivant que l’accueil du public soit enthousiaste et que l’œuvre touche autant que possible les lecteurs. Cela dit, ce texte est destiné aux jeunes. Ils se doivent de jeter un regard différent sur l’histoire de cette terre bénie appelée Ayiti. Ce faisant, ils seront à même de déceler le venin de l’hypocrisie administré à petites doses par les néo-colonialistes qui ne digèrent toujours pas la geste du 1er janvier 1804. Le génocide des premiers habitants de l’île et de tous les autres peuples du Nouveau-Monde n’en finit pas d’étendre son spectre sur les grandes démocraties d’aujourd’hui. Il en est de même de la dépopulation de l’Afrique et de l’asservissement de ses fils.

KF: Certains croient que toute œuvre littéraire est le résultat d'une préoccupation. Pour Dialogues Infinis, quelle a été votre idée de départ ou votre préoccupation initiale ?

FSV: Ayiti coule dans mes veines. Le mal entourant mon pays des quatre points cardinaux, l’impéritie des politiques, la misère, la violence aveugle me broient le cœur. La déculturation, la destruction du langage, l’arrogance des ignorants sont au cœur de mes préoccupations. Nos malheurs sont le fruit de notre méconnaissance pour certains, le rejet pour d’autres de notre histoire si riche. Il faut réapprendre l’histoire d’Ayiti aux générations à venir. Le salut de notre peuple en dépend. Voici l’idée directrice de Dialogues infinis.

KF: Lorsque vous relisez vos vers, vous vous sentez vous rapprocher de quel poète ?

FSV: Je n’en ai aucune idée. J’écris comme je le ressens. Je lis presque tout. La critique peut déceler des similitudes entre mes écrits et tels auteurs. À ma connaissance, aucun poète en particulier n’influe sur mon travail. La poésie est dans l’air que l’on respire, dans la démarche d’une femme, le sourire d’un enfant ou le chant d’un rossignol. Elle est partout.

KF: En tant lecteur-écrivain, quel livre déjà publié auriez-vous aimé être l'auteur ? Et quel livre aimeriez-vous réécrire?

FSV: Cette question me fait marrer. J’aurais aimé écrire « l’espace d’un cillement », « Au plaisir de Dieu », «  Michel Strogoff », «  Le cercle des époux fidèles »… «  les cendres d’Angela », « La Chartreuse de Parme ». Penser à réécrire une œuvre d’un autre me semble grandiloquent.

Littérature
 2022-06-25 | 1

Leon'art Charles

Je suis un passionné de lecture et d'écriture

Voir tous les articles de Leon'art Charles

Partager sur :

Laisser un commentaire

Naomie

Bon travail ????

Le 25/06/2022 à 18:16:00