Les enfants de Martissant réfugiés au Centre Sportif de Carrefour veulent aller à l'école



Après trois mois de l'émeute qui a éclaté à Martissant, plusieurs dizaines de familles sont encore réfugiées au Centre Sportif de Carrefour. Elles ne savent toujours pas où aller ni quoi faire. Abandonnées à elles-mêmes, elles regardent passer leurs vies tâchées de misère et celles de leurs enfants salies par la pauvreté. En parlant d'enfants, depuis le lundi 21 septembre 2021, les établissements scolaires publics et privés des zones non touchées par le tremblement de terre du 14 août derniet ont ouvert leur porte pour recevoir les élèves, et plusieurs de ceux réfugiés dans ledit centre ne savent pas encore s'ils vont y mettre les pieds pour cueillir le morceau du savoir qui peut changer leur vie.

Ce vendredi 24 septembre, on a rencontré Gédon Palerbe*. Né le 28 décembre 2004, Palerbe a 17 ans et il est en Nouveau Secondaire 1 (NSI). Il vit depuis trois mois dans le Centre Sportif. Avant il habitait à Martissant 23 avec son frère Gédéon Vidson* et son père Gédéon Jackson*. Palerbe est un élève de l'Ecole Nationale République du Pérou. Debout près de la grille séparant le terrain de voleyball de celui du football, Palerbe nous témoigne son envie de porter à nouveau l'uniforme scolaire.

Depi lendi mwen gen yon sèl anvi, dit-il, se al lekòl.

L'envie de Parlerbe ne semble pas prêt à être satisfaite.

Gédéon Jackson regarde son fils, on peut dire que la tristesse et la honte vivent sur son visage. Il aimerait bien envoyer son Palerbe à l'école. Il explique:

mwen poko jwenn lajan pou m voye l ale a. Men m inifòm mwen poko bay fè pou li. Li pa gen soulye, mwen poko jwenn yon goud.Mwen se machann chabon. Ti kòb m ap fè ladan l lan pa banm chans pou m peye lekòl pou Palerbe, men kwè m tanpri Palerbe ap fini lekòl kanmèm.

Palerbe n'est pas le seul, ils sont plusieurs centaines d'enfants qui n'ont pas pu mettre les pieds à l'école cette semaine. Et ils sont nombreux à ne pas savoir s'ils y vont même une fois durant cette année académique. De jour en jour le taux d'analphabétisation augmente dans le pays, ceci nous explique clairement comment serait le future d'Haïti. Il se pourrait qu'on devient plus pauvre et plus misérable si cela continue sur cette pente. L'État haïtien continuer à faillir à toutes ses missions.




*Gédeon Palerbe, Gédéon Vidson et Gédéon Jackson sont des noms d'emprunt.

Société
 2021-09-27 | 2

Leon'art Charles

Je suis un passionné de lecture et d'écriture

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Jourdain

Très beau texte.

Le 27/09/2021 à 23:44:49

serge

En lisant ce texte ça ma beaucoup touché et je me demande où passé les autorités

Le 27/09/2021 à 16:24:20