Lutte aveugle et acharnée entre l'opposition et le gouvernement ; la jeunesse demeure dans le plus total déni

L'origine mémorielle de cette lutte dans laquelle nous nous sommes livrés, depuis bien des dizaines de mois, à dénoncer la corruption, à combattre les malversations au sein du système administratif étatique, est malheureusement passée au bleu. Elle est, d'une impertinence subtile, assignée aux différents antagonistes du pouvoir en place. Comment un pays, déclaré comme sans gouvernance étatique, même en toute évidence, serait-il apte à entretenir une opposition digne, sinon de l'imposture politique ?

Rien de concret n'est abouti depuis ce temps que le pays est tenu dans cette situation de crise alarmante, aiguë, en raison, d'une part, des détracteurs du Président qui semble mener la lutte à leur guise et à leurs profits, et d'autre part, du refus catégorique d'abdication de la part du Président, qui mettrait fin aussi au règne du régime Tèt Kale. L'idéal de revendication de la jeunesse risque ainsi de passer sous les piétinements de chiens politiques qui, dénués de toute vergogne, se vantent d'être militants de l'opposition, à savoir : arriver à terme dans l'affaire PetroCaribe, chambarder tout le système, et non une simple destitution, à tournure revancharde, du Président de la République. La jeunesse du pays a émané, provoqué, par sa voix revendicative, cette lutte dont certains veulent prendre à leur compte. En dépit de cela, cette jeunesse continue à être refoulée aux pieds des différents secteurs de la société haïtienne.

Par ailleurs, il nous faut reconnaître la place que doit occuper la jeunesse haïtienne dans toute l'ampleur de cette lutte originellement réformiste. Tout est occasionné par le biais du mouvement PetroChallenge, initié par les jeunes, particulièrement ceux des universités en Haïti, surtout les étudiants des différentes facultés de l'UEH. Sur tous les médias sociaux sont érigés des postes revendicatifs exigeant le procès PetroCaribe.

Des émeutes populaires sont tenues au quotidien dans toutes les rues de la zone métropolitaine ainsi que dans les provinces. Le pays se tient à genoux, dans l'incapacité de se maintenir fonctionnel. Des marées humaines déferlent tumultueusement dans les rues. Le système scolaire en paie fortement le prix. Partout est demandée, exigée et forcée la démission du chef d'État. Bon nombre de stations de radio se sont muées en "radios de la révolution", ou plus précisément en radios de l'opposition. Beaucoup d'entre elles profitent de la crise pour se faire connaître, se faire entendre et accroître leur auditoire. Des têtes se multiplient, insinuent se ranger aux côtés de la population débridée. Des commissions sont dressées des deux côtés en vue de relativiser cette débâcle. Mais où est donc la jeunesse dans toute cette lutte ?

Revue
 2019-11-25 |

Duméus C Dalton

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