"Madjigridji" de Woldenskee Minviel, une petite plongée dans un univers libertin.



Comme disait l’autre : « Tout homme touché par l’amour devient poète », le jeune Petit-Goâvien, Woldenskee Minviel, ne déroge pas à cette règle. Jeune étudiant en sciences Po à l’université Quisqueya et passionné de l’art, Woldenskee vient tout juste, avec son premier livre, inscrire son nom au microcosme de la littérature haitienne. Il s’agit d’un recueil de poèmes de 80 pages, intitulé Madjigridji, paru aux éditions Lanbi juin 2022, Port-au-Prince, Haïti. Le titre nous laisse un peu curieux et perplexe. Avons-nous affaire à un ensemble de pages griffonnées par un enfant de dix ans ? Ce livre, est-il le fruit d’un amalgame de mots mal rangés par un piètre ? Questions. Mais attends.

Il caresse longtemps ce rêve celui de publier à l’instar d’une fille qui caresse un chaton, le jeune, ami-lecteur de Christopher JASMIN (Auteur du recueil Ancolie) de Baudelaire et Verlaine, qui écrit depuis bien des années, nous offre enfin son premier opus, sous la pression du public internautes. Cette nouvelle tombe comme une délivrance pour les amoureux de la poésie, pour ceux qui ont le désir de vivre poétiquement.
« Ki mele m si paradi m mennen m nan lanfè.»
Avec ce vers devenu viral pour ainsi dire, su comme une petite leçon morale sali d’un rejet brut du Paradis je ne croyais pas que le poète avait été si maudit. Le grand public attend impatiemment la signature de l’auteur.
Le poète, à sa machinerie, chante la femme, l’amitié, le sexe orgie, le rassemblement, la vie, ainsi que l’amour, en pondant sans problème des phrases/ vers à tout va vent. D’ailleurs, c’est de là qu’est né son arspoetica, que je considère, sans farce,« d’enfant fragile ».

“Depi ti pijon m kale
Li sèmante
Pou l pa kite mayi nan jaden w
Ô Jezina
Mwen koube m devan w
Se sèl nan devan w
Mwen wè
Jezi la.» Pages 47.

Le poète, dans un langage aussi enfantin que simple, différemment des jeunes poètes révolutionnaires qui ne savent pas comment écrire « je t’aime», glorifie et exalte la femme. Trempé d’un libertinage outré et sans mesures, ce poème titré, Jezina, explique la prédilection foncée du poète à l’égard du sexe de la femme, tel un Oswald Durand-fils.Ce recueil a la femme comme porte étendard.

Entre humours et jeux de mots, Woldenskee Minviel ne cesse pas de dire le réel, mettre à nu l’Occident, d’affirmer sa part d’humanité(dans un pays qui ne fait que déshumaniser l’autre) comme il l’aurait fait en tenant une pancarte à la main sur laquelle grava : «Diyosa !/ mwen se yon moun tande.» Pages71. Message lancé à l’horizon des vivants…

En lisant Madjigridji, on s’aperçoit que, le titre se déçoit lui-même, tant qu’on est si saisi et pris par une emprise poétique étrange, où il nous raconte sa vie. Tout au long des 80 pages ciselées par une simplicité inouïe, bondées de clichés romantiques et im/pudiques, le poète nous tend la main et nous invite à nous promener avec lui dans son univers, à l’instar d’une randonnée de deux frais amoureux-fous. Les lectrices bégueules et lecteurs pudibonds, s’y trouveront bien. Madjigridji, un livre à lire, avec beaucoup d’impératifs. Conseils !
Il reste à noter qu’en prélude au « Récital en Honneur », organisé par Aventure Littéraire, l’auteur sera en signature le 26 juin 2022 prochain Débarcadère, Rue des Roulottes dans la ville de Danny Laferrière. On aura besoin tout justement de 600 gourdes pour se procurer du recueil. La poésie vous donne rendez-vous !

Woldenskee Minviel, Madjigridji, Les Éditions Lanbi, 2022, 80 pages.
Pages de couverture : Wismy Faustin.


Rodeby Vilma

Littérature
 2022-06-26 |

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